Marcel Tankoano, Président du M21 : « On a l’impression que Blaise Compaoré est redevenu l’homme qu’il faut à notre pays»

La situation nationale est de plus en plus critique et il appartient au Président Kaboré de prendre avec diligence les dispositions pour trouver les solutions idoines aux problèmes qui assaillent les burkinabè. C’est l’avis de Marcel Tankoano, Président du M21 pour qui, l’incapacité du pouvoir en place à régler les préoccupations des burkinabè semble donner tort à ceux qui peignent tout en noir la gouvernance du Président Blaise Compaoré.   Dans l’interview qu’il nous a accordée, Marcel Tankoano fait également savoir que la réconciliation nationale est une condition première pour venir à bout du terrorisme. Et seul le Président Kaboré peut impulser cette réconciliation nationale.

226infos.net : Le 16 septembre 2019 les burkinabè commémorent le 4ème anniversaire de la Résistance au putsch du CND. Quatre ans après que retenez-vous de cette Résistance ?

Marcel Tankoano : Ce sont des souvenirs assez douloureux. Quand on se rappelle que nous étions avec des gens qui étaient avec nous et qui sont tombés sous nos yeux, nous avons un remord. Et ce remord s’explique par le fait qu’après avoir subi l’Insurrection avec ces morts, au moment où on s’activait pour que les élections présidentielles puissent se tenir, c’est en se moment qu’un coup d’Etat intervient et nous oblige une fois de plus de résister. Mais ce qu’on peut dire, c’est le peuple qui est sorti victorieux de ce putsch. Moi Marcel Tankoano, je me rappelle que toute la nuit du 16 on n’a pas dormi. J’étais dans une cour où jusqu’à l’heure où je vous parle je ne reconnais plus. Aujourd’hui ce qu’on retient de ce putsch, c’est la victoire du peuple contre la forfaiture.

Cet anniversaire intervient au lendemain des verdicts rendus par la justice militaire dans le dossier du putsch. Que pensez-vous de ces verdicts rendus ?

Il ne nous appartient pas en tant que Organisation de la société civile de commenter ou de critiquer une décision de justice. Seulement, nous prenons acte en se disant qu’au moins le peuple a su ce qui s’est passé. Dans un procès on ne peut pas tout gagner, mais on peut au moins dire que ce qui s’est passé dans notre pays est une leçon pour tous.

Quatre ans après le putsch, le Burkina Faso est confronté à des attaques terroristes, comment faut-il s’y prendre pour résister à ces attaques et les vaincre ?

Il est important que face à sa cette question du terrorisme, les burkinabè puissent être unis pour mieux combattre le phénomène. C’est pourquoi nous avons toujours prôné la réconciliation nationale. Il faut que chaque burkinabè puisse mettre de l’eau dans son vin pour le Burkina Faso avance. Si notre pays est attaqué et entre nous il n’y a pas de solidarité, il n’y a pas d’entente, qui va construire ce pays ? Qui va combattre ceux qui nous combattent ? Il faut d’abord qu’on finisse le combat entre nous, avant d’attaquer ceux qui nous attaquent. La réconciliation nationale est la seule solution aujourd’hui. Et il appartient au Président du Faso d’impulser cette réconciliation nationale. Mieux, je crois que pour cette réconciliation nationale le Président du Faso peut revoir la situation des Généraux Diendiéré et Bassolé. Il pourrait par exemple leur accorder une grâce présidentielle pour faciliter d’une manière ou d’une autre cette réconciliation nationale.

A l’appel de l’Union d’action populaire, des burkinabè ont marché ce 16 septembre 2019 pour interpeller les autorités sur les problèmes qui assaillent les burkinabè. Cette marche a été réprimée. Compreniez-vous la démarche de l’UAP ?

Nous n’étions pas de la marche, mais nous comprenions leur ral-bol. C’est encore une faillite du gouvernement, c’est encore la mauvaise gouvernance. Le régime actuel doit comprendre qu’il doit trouver les solutions aux problèmes qui ont fait sortir les burkinabè les 30 et 31 octobre 2014, il n’y a pas d’autre alternative. Et pourtant, nous sommes loin du compte. Aujourd’hui par exemple, combien sont les burkinabè qui regrettent le départ de Blaise Compaoré ? Je ne suis pas fier en tant que insurgé à parler ainsi, mais il faut être honnête. Combien  demandent à ce que Blaise Compaoré revienne ? C’est parce que ça ne va pas au pays. Aujourd’hui on a l’impression que Blaise Compaoré est redevenu l’homme qu’il faut à notre pays. C’est l’échec de ce pouvoir en place qui a fait cela. Il faut que ce pouvoir s’interroge. Les gens sont sorties non pas parce qu’ils n’aiment pas la tête de quelqu’un, mais parce que ça ne va pas du tout ; alors qu’un homme a prêté serment en disant  qu’il protègera les burkinabè ; cet homme c’est Roch Marc Christian Kaboré. Moi si j’étais ministre j’aurai même marché avec Bassolma Bazié et ses camarades.

Dans un an doit se tenir l’élection présidentielle au Burkina Faso,. L’intégrité du pays est clairement mise en cause aujourd’hui. L’élection est-elle une priorité ? Dans quelles conditions devrions-nous aller aux élections ?

Je suis sceptique. Je suis de ceux-là qui pensent qu’il faut d’abord parler union, sécurité avant de parler élection.

Peut-on s’attendre à ce que Marcel Tankoano descende dans l’arène politique, et suivre les pas d’un de ses compagnons de lutte… nous avons nommé Hervé Ouattara aujourd’hui au MPS ?

Chacun à sa vision de la politique. Hervé Ouattara a fait le choix de s’engager pour certainement mieux s’exprimer et mieux agir, c’est son avis. Mais moi, non. Je me plais bien dans ce que je fais actuellement en tant que leader d’OSC, et il n’est pas question pour moi faire de la politique, en tout cas pas pour le moment.

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Source:netafrique.net

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