Dépenses publiques : Une étude du CIFOEB passe au peigne fin les budgets de la Défense et de la sécurité

Situation sécuritaire oblige, la cagnotte allouée aux ministères de la défense et de la sécurité ne cesse d’augmenter depuis ces trois dernières années. Le Centre d’information, de formation et d’études sur le budget (CIFOEB) qui a fait de la bonne gouvernance économique et financière son cheval de bataille, s’est intéressé aux ressources allouées à ces deux ministères à travers une étude. Ce mardi 17 septembre 2019, les résultats de cette étude d’analyse ont été restitués au cours   d’un atelier à Ouagadougou.

La crise sécuritaire que connait le Burkina Faso depuis 2016 a entraîné une augmentation du budget alloué aux secteurs de la défense et de la sécurité. Ceci pour leur permettre de faire face à la situation marquée par de multiples attaques terroristes.

Ce budget additionnel exige des Burkinabè un effort supplémentaire. C’est donc pour rassurer le contribuable de l’utilité  de ce budget, que le Centre d’information, de formation et d’études sur le budget a commandité une étude pour, selon le vice-président du Conseil d’administration du CIFOEB, Dramane Simdé, « jeter de la lumière sur les caractéristiques de ces dépenses et interroger aussi leur efficacité et efficience dans ce contexte particulièrement critique sur le plan de la sécurité ».

De cette étude qui a concerné les dépenses effectuées depuis 2011, il ressort que les hausses sont très importantes depuis ces trois dernières années. Le rapport révèle que les allocations budgétaires de la défense sont en nette augmentation de 2016 à 2019. Les allocations du ministère de la Défense ont progressé en moyenne de 25,84% contre 2,08% pour la période 2013-2015 et 12,86 sur la période 2010-2012. L’année 2018 a connu la hausse la plus importante avec 48,98%. En volume, les dépenses budgétaires sont passées de 95,43 milliards de F CFA en 2016 à 169,94% milliards de F CFA en 2018.

« Une hausse qui s’explique par la nécessité de renforcer les capacités opérationnelles des forces de défense pour faire face au terrorisme qui menace l’intégrité du territoire », révèle l’étude qui prévoit en 2019, un budget de 209,73 milliards de F CFA au profit de la défense nationale, soit une pression de 23, 41% comparativement aux allocations de 2018.

Dans la même période, au ministère en charge de la Sécurité, les allocations sont passées de 57,54 milliards de F CFA en 2016 à 72,01 milliards de FCFA en 2018, soit un taux de croissance annuel de 12,28%. Ces chiffres vont crescendo, puisque pour 2019, les prévisions s’élèvent à 95,70 milliards de F CFA.

Selon cette étude, cette augmentation a permis à l’Etat de respecter ses engagements dans l’exécution de la loi de programmation militaire quinquennale (2018-2022) avec un taux d’exécution de 52,35% en seulement deux années de mise en œuvre.

Cependant, la part du budget de la sécurité dans le budget national apparaît relativement faible, bien qu’elle soit en augmentation. Selon le rapport, elle est passée de 2,96% à 3,07% en 2017 puis à 3,25% en 2018. Et en 2019, sur la base des prévisions, elle sera à 4,32%. Seulement, cette augmentation se traduit dans la part des dépenses de personnel du ministère de la Sécurité tandis que celle allouée aux investissements connait une baisse.

A titre illustratif, l’Etat avait pris des engagements pour équiper et mettre en place des postes de sécurité dans 156 communes. Mais seulement 36 communes ont vu la réalisation de ces postes, regrette le vice-président du CIFOEB Dramane Simdé, qui estime qu’il est « important d’allouer des ressources de façon supplémentaire au niveau des investissements de la sécurité ».

En termes de recommandation, l’Etat est invité à rationaliser les dépenses de personnel afin de les ramener dans les limites de la norme communautaire qui est de 35%, de rationaliser les dépenses de fonctionnement pour se conformer à l’objectif de réduction du train de vie de l’Etat, et d’accroître la part de la richesse nationale allouée aux investissements publics.

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