Burkina Faso: Recrutement terroriste avorté dans le Centre-nord, il raconte les faits

Depuis le début de l’année 2019 avec les tragiques évènements de Yirgou, l’horreur s’est installée dans la région du Centre-nord du Burkina Faso. Le nombre de déplacés internes dus à ces évènements et surtout à la percée des groupuscules terroristes dans cette région s’est considérablement accru. Par milliers, avec le strict minimum pouvant leur permettre de prendre la poudre d’escampette, ces burkinabè fuient leur localité pour ne pas se faire charcuter par des obscurantistes qui sèment la terreur à cœur joie, s’en prennent aux personnes vulnérables, transforment des localités autrefois paisibles en ‘’No man’s land’’ et après surfent sur les conditions socio-économiques des jeunes pour se régénérer et avoir des combattants.

A.S., la trentaine, refugié interne que nous avons rencontré à Kaya estime que « c’est le chômage des jeunes actuellement qui fait que ces gens-là ont des jeunes qui combattent avec eux». « Ce qui se dit en tout cas ici c’est que si tu rentres dans çà tu auras de l’argent, beaucoup d’argent même » Et A.S., le dit en connaissance de cause.

Eleveur de porcs dans un village de la commune de Barsalgho, A.S. ne se plaignait pas trop de sa situation même s’il ne se comptait pas parmi les personnes ayant une situation socio-économique stable. Ce jour de juin 2019, il reçoit la visite d’une connaissance qu’il avait perdue de vue depuis quelques mois. « Quand il est arrivé et a vu que je faisais mon élevage de porcs, il m’a demandé pourquoi je faisais ce travail. Je lui ai simplement dit que c’est pour aussi chercher l’argent. C’est vrai que je ne gagne pas beaucoup d’argent, mais ça me permet au moins de pouvoir vivre un peu bien. Il m’a dit que si c’est de l’argent que je cherche, de ne pas me fatiguer comme çà. Je dis ah bon ! Et c’est là qu’il m’a donné un rendez-vous un vendredi soir avec des gens que je ne connaissais pas. Et il m’a dit qu’en venant, de venir avec une autre personne. Le jour-là je suis parti avec un ami … (religieux). Quand nous sommes arrivés, ils nous ont remis beaucoup d’argent. Je ne sais pas combien exactement parce que c’était dans une enveloppe. Et ils nous ont dit de prendre çà et de partir seulement ; mais après ils vont nous appeler pour venir faire quelques choses. Venir faire quoi ? Nous on ne sait pas. Mon ami … (religieux) m’a devancé pour dire qu’on ne pouvait pas prendre l’argent comme çà sans savoir ce qu’on allait faire après. Nous avons depuis ce moment soupçonné les gens là d’être en tout cas des terroristes. Comme c’est comme çà, nous avons eu l’intelligence de dire que nous allons repartir réfléchir et puis revenir. Ils ont dit ok, mais celui qui été l’intermédiaire entre nous et les terroristes là nous ait dit que nous avons deux jours pour donner notre réponse et que c’est mieux de ne pas faire de voyage avant en tout cas qu’on ait donné notre réponse. J’ai dit ok. Quand nous sommes arrivés, nous avons échangé avec un grand frère qu’on respecte beaucoup au village et il nous ait dit clairement que si nous on ne veut pas prendre l’argent et faire ce qu’on sait là, c’est mieux de quitter le village avant les deux jours sans que personnes ne sachent. Nous avons suivi ses conseils, et dès que nous avons quitté notre village a été attaqué et ils ont tué des gens. C’est nous qu’ils recherchaient. »

A.S. vit désormais dans un habitat de fortune sans rien. Il ne peut d’ailleurs plus retourner dans son village puisqu’il s’est vidé de ses habitants. « Il faut vraiment trouver des vrais emplois pour les jeunes là, sinon la situation sera grave encore. » a conclu ce refugié interne d’environ 30 ans.

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Source:netafrique.net

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